Rapport 2022 de l’EFSA sur les résidus de pesticides dans les aliments

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Le rapport 2022 de l’EFSA sur les résidus de pesticides dans les aliments en Europe est disponible depuis le 23 avril 2024. Ce rapport annuel de l’EFSA suit les niveaux de résidus de pesticides dans une sélection d’aliments de consommation courante. En 2022, les études ont porté sur un total conséquent de 110 829 échantillons alimentaires (un quart de plus qu’en 2021). Ces échantillons provenaient des 27 pays de l’Union européenne ainsi que de l’Islande et de la Norvège. Ils ont été prélevés et analysés dans le cadre du programme pluriannuel de contrôle national (MANCP). En outre, le rapport reprend également les données du plan de contrôle européen (EU MACP) dans le cadre duquel un sous-ensemble de 11 727 échantillons de 12 produits alimentaires courants a été analysé. 

96,3 % des échantillons du programme MANCP ne dépassaient pas les niveaux de pesticides légalement autorisés.

En 2022, 96,3 % des échantillons du programme MANCP ne dépassaient pas les niveaux de pesticides autorisés.

Les résidus de pesticides dépassaient donc les limites maximales résiduelles (LMR) pour 3,7 % des échantillons analysés (dont 2,2% jugés non conformes du fait de l’incertitude de mesure).

Produits alimentaires non transformés

Pour les produits alimentaires non transformés (99 929 échantillons), 3,7 % des échantillons contenaient des résidus dépassant la LMR (2,2 % non conformes).

Les produits alimentaires non transformés dont le taux de non-conformité était supérieur à 10% avec plus de 100 échantillons signalés étaient :

  • le basilic et les fleurs comestibles (31,3%),
  • les fruits de la passion/maracujas (15,6%),
  • le sarrasin et autres pseudo-céréales (14,9%). ),
  • les piments (13,7%), gombos ou doigts de dame (12,9%),
  • le foie de mouton (12,6%),
  • les racines de manioc/manioc (12,4%)
  • les pommes-grenades/grenades (10,3%).

Aliments transformés

Concernant les aliments transformés (9 117 échantillons),  3,7 % des échantillons contenaient des résidus dépassant la LMR (2,3 % non conformes).

Les produits alimentaires transformés avec un taux de non-conformité supérieur à 10% et plus de 10 échantillons signalés étaient :

  • les feuilles de vigne et espèces assimilées (40,8% provenant principalement de la transformation salée et en conserve),
  • les graines de cumin séchées (20%),
  • le persil séché ( 19%),
  • les champignons sauvages séchés (14,3%)
  • le basilic et fleurs comestibles (10,5%).

Aliments biologiques

Concernant les aliments biologiques (6 717 échantillons correspondant à 6,1 % du total des échantillons, soit une légère baisse par rapport à 2021).

  • Au total, 79 % des échantillons analysés (vs 82,8 % en 2021) ne contenaient pas de résidus quantifiables ;
  • 18,6 %  (15,4 % en 2021) contenaient des résidus quantifiés en dessous ou au niveau de la LMR
  • 2,4 % (dont 1,4 % non conformes) avec des niveaux de résidus supérieurs à la LMR.

Les pesticides les plus fréquemment détectés au-dessus de la limite de quantification mais en dessous de la LMR étaient :

  • les composés du cuivre (RD) (78,3 %),
  • les ions bromure (RD) (14,0 %) et
  • les chlorates (RD) (8,6 %).

Le pesticide présentant le taux de dépassement des LMR le plus élevé était celui des composés de cuivre (RD) (11,9 %).

Produits d’origine animale

L’analyse portait sur 23 377 échantillons de produits d’origine animale. Parmi ceux-ci :

  • 92,4 % (85,9 % en 2021) étaient exempts de résidus quantifiables
  • 6,6 %  (12,8 % en 2021) contenaient des pesticides en concentrations quantifiables.
  • Et, un dépassement des LMR a été identifié dans 244 échantillons (1 % vs 1,3 % en 2021), dont 134 (0,6 %) ont été jugés non conformes lorsque l’incertitude de mesure a été prise en compte.

Les pesticides les plus fréquemment détectés au-dessus de la limite de quantification mais en dessous de la LMR (supérieure à 10 %) étaient :

  • les composés du cuivre (RD) (71,4 %),
  • le chlordécone (RD) (16,7 %)
  • et l’ion bromure (RD) (14,8 %).

Le pesticide présentant le taux de dépassement des LMR le plus élevé était celui des composés de cuivre (RD) (13 %).

Un pourcentage de dépassement de LMR passant de 2% en 2019 à 1,6% en 2022 pour les aliments analysés dans le cadre du plan de contrôle européen

Douze aliments de consommation courante échantillonnés

Le MACP de l’UE analyse des échantillons prélevés au hasard pour 12 produits alimentaires de consommation courante (11 727 échantillons analysés). En 2022, il s’agissait :

  • des pommes,
  • des fraises,
  • des pêches,
  • du vin (rouge et blanc),
  • des laitues,
  • des choux pommés,
  • des tomates,
  • des épinards,
  • des grains d’avoine,
  • des grains d’orge,
  • du lait de vache
  • de la graisse de porc.

 

Parmi ces échantillons, 98,4% se situaient dans les limites légales :

  • 51,4 % étaient exempts de niveaux quantifiables de résidus.
  • 47 % contenaient un ou plusieurs résidus à des concentrations inférieures ou égales aux LMR
  • 1,6 %  contenaient des résidus dépassant les niveaux autorisés.

Une tendance à la baisse

L’échantillonnage est effectué sur les mêmes produits tous les trois ans. De fait, cette méthodologie permet de mettre en évidence les tendances à la hausse ou à la baisse pour ces aliments.
Ainsi, entre 2019 et 2022, le taux global de dépassement des LMR a légèrement diminué (2% en 2019 à 1,6 % en 2022).

A noter que, le niveau de dépassement a baissé pour les pommes, les pêches, les fraises, le vin et la graisse de porc et les épinards (qui sont toutefois le produit avec le taux de dépassement le plus élevé).

Aucun échantillon de lait de vache contenant des résidus supérieurs à la LMR n’a été détecté en 2022, tout comme en 2019 et 2016.

A contrario, les dépassements ont augmenté pour les choux pommés, les tomates, les laitues, les grains d’orge et d’avoine.

Les pommes (18,6 %), les fraises (17,5 %), les pêches (16,9 %), les tomates (14,2 %) et la laitue (12,4 %) étaient les produits alimentaires présentant les pourcentages les plus élevés de résidus multiples.

Les tomates concentraient le plus grand nombre de résidus multiples avec 16 pesticides différents identifiés. Elles sont suivies par un échantillon de fraises (15 pesticides différents identifiés).

L’EFSA met à disposition un outil interactif de visualisation des données du rapport sur les résidus de pesticides dans les aliments.

Pour la suite, c’est-à-dire 2024, 2025 et 2026, le règlement (UE) 2023/731 détaille le programme de contrôle pluriannuel de l’Union.

Vous avez des questions sur le rapport 2022 de l’EFSA sur les résidus de pesticides dans les aliments ?

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