Nickel et sécurité alimentaire : un sujet désormais encadré
Le nickel est un élément naturellement présent dans l’environnement. On le retrouve dans les sols, l’eau, mais aussi dans de nombreuses denrées alimentaires d’origine végétale. Jusqu’à récemment, aucune teneur maximale réglementaire n’était fixée pour le nickel dans les aliments au niveau européen, malgré une surveillance accrue de sa présence.
Cette situation a évolué avec le règlement (UE) 2023/915, qui modifie et consolide les règles applicables aux contaminants dans les denrées alimentaires. Ce texte marque une étape importante pour les opérateurs du secteur agroalimentaire, en introduisant des teneurs maximales spécifiques pour le nickel dans plusieurs catégories de produits.
Pourquoi le nickel est-il désormais réglementé ?
Dès 2015, l’EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments) a publié un avis scientifique sur les risques liés à l’exposition alimentaire au nickel. Cet avis mettait en évidence :
- des effets potentiels sur la santé, notamment chez les populations sensibles,
- un risque accru lors d’une exposition chronique,
- une contribution significative de certaines denrées céréalières à l’apport total en nickel.
À la suite de cet avis, des programmes de surveillance ont été menés entre 2016 et 2018 dans plusieurs États membres. Ces campagnes ont confirmé que certaines catégories d’aliments pouvaient présenter des niveaux de nickel suffisamment élevés pour justifier une action réglementaire.
C’est dans ce contexte que l’Union européenne a décidé d’introduire des teneurs maximales harmonisées, afin de mieux protéger le consommateur tout en offrant un cadre clair aux professionnels.
Le Règlement (UE) 2024/1987 : Modification du Règlement 2023/915
Le règlement (UE) 2024/1987 est venu modifier le règlement 2023/915 en ajoutant de nouvelles teneurs maximales pour le nickel dans plusieurs denrées alimentaires.
Avant cette modification, il n’y avait pas de critère pour le nickel. Cependant, celui-ci fait partie des composants répandus. Le nickel pouvant avoir des risques sur la santé des consommateurs s’inscrit donc dans la liste des contaminants chimiques.
Le Règlement (UE) 2023/915 : Le texte cadre actualisé avec entrée en vigueur des teneurs maximales en nickel
Le règlement 2023/915 introduit, dans ses mesures transitoires, des teneurs maximales pour le nickel dans différentes catégories de denrées alimentaires, notamment les céréales et produits assimilés.
Les valeurs suivantes ont été fixées :
- Céréales, à l’exclusion de certaines catégories spécifiques (points 3.6.11.2 à 3.6.11.5) : 0,80 mg/kg de nickel
- Blé dur (Triticum durum) et riz, hors exceptions prévues : 1,5 mg/kg de nickel
- Riz décortiqué : 2,0 mg/kg de nickel
- Pseudo-céréales et millet : 3,0 mg/kg de nickel
- Avoine : 5,0 mg/kg de nickel
Ces seuils traduisent une approche différenciée, tenant compte :
- des niveaux naturellement observés,
- des habitudes de consommation,
- et du poids de ces aliments dans l’alimentation européenne.
Date d’application : un délai à anticiper dès maintenant
Les teneurs maximales en nickel devront être respectées à partir du 1er juillet 2026.
Ce délai peut sembler confortable, mais il implique dès aujourd’hui :
- une évaluation des matières premières,
- un suivi renforcé des fournisseurs,
- une adaptation éventuelle des plans de contrôle.
Le règlement prévoit par ailleurs une clause de transition importante :
Les denrées alimentaires légalement mises sur le marché avant les dates visées peuvent rester sur le marché jusqu’à leur date de durabilité minimale ou leur date limite de consommation.
Cette disposition limite les risques de non-conformité immédiate sur les stocks existants, mais ne dispense pas d’une mise en conformité progressive.
Quels impacts concrets pour les professionnels de l’agroalimentaire ?
Ces nouvelles exigences concernent directement :
- les fabricants de produits céréaliers,
- les transformateurs,
- les importateurs,
- et les metteurs sur le marché.
Les principaux enjeux sont :
- la sécurisation des approvisionnements,
- l’adaptation des plans d’analyses,
- la traçabilité des lots,
- et la capacité à anticiper les évolutions réglementaires.
Dans un contexte où les textes évoluent régulièrement, le risque n’est plus seulement sanitaire ou juridique : il est aussi organisationnel et économique.
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