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DLC ou DDM : quelles étiquettes pour quels produits ? 

Comment déterminer si l’étiquette d’un aliment doit porter la mention « A consommer jusqu’au » (DLC ou Date Limite de Consommation) ou « A consommer de préférence avant » (DDM ou Date de Durabilité Minimale) ?

Vous travaillez dans l’agroalimentaire, la distribution, ou vous êtes un pro qualité ? Le sujet de la « DLC ou DDM » vous concerne directement : savoir distinguer la Date Limite de Consommation (DLC) de la Date de Durabilité Minimale (DDM), intégrer les nouvelles règles, éviter les erreurs d’étiquetage ou de gestion de stock… Bref, tout sauf de la théorie, plutôt de l’opérationnel. Cet article met à jour les informations (2024‑25) et vous donne clés, enjeux et bonnes pratiques.

1. Définition : que recouvrent les notions « DLC ou DDM »

DLC

La DLC (« à consommer jusqu’au … ») concerne les denrées microbiologiquement très périssables, qui après une courte période peuvent présenter un danger pour la santé humaine. Exemple : viandes fraîches, poissons, produits laitiers frais, plats cuisinés non stérilisés. Ministère de l’Agriculture+1
Elle s’applique sous condition de réfrigération ou chaîne du froid, et après la date indiquée, la vente est interdite, car la denrée devient impropre à la consommation. Service Public+1

DDM

La DDM (« à consommer de préférence avant … ») — anciennement appelée DLUO — s’applique aux denrées moins périssables, stérilisées, séchées, déshydratées (biscuits, café, pâte, conserves…) : la vente après la date est possible, la consommation souvent sans danger, mais la qualité organoleptique ou nutritionnelle peut être altérée. Ministère de l’Économie+1
Exemple : une boîte de conserve, un paquet de pâtes. Le fabricant ne garantit plus les caractéristiques optimales après la date. MA VIE ÉCO®

Tableau récapitulatif

MentionForme sur l’étiquetteUtilisation typiqueConséquences après date
DLC« À consommer jusqu’au … »Produits très périssablesVente interdite, danger santé
DDM« À consommer de préférence avant … »Produits durablesVente possible, qualité peut décliner

(Ce tableau peut être intégré sous forme visuelle sur votre site.)

2. Cadre réglementaire & dernières évolutions

Réglementation de base

Le cadre principal : Règlement (UE) n° 1169/2011 relatif à l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires. Food Compliance Solutions+1 En France, les sites institutionnels confirment que les denrées préemballées doivent indiquer soit DLC soit DDM. Ministère de l’Économie+1
La fiche pratique de DGCCRF date de décembre 2023 renforce la distinction entre les deux dates. Ministère de l’Économie

Évolutions récentes

  • Le Décret n° 2022‑1440 du 17 novembre 2022 a introduit la possibilité, pour les opérateurs, de compléter la mention DDM par des formulations telles que « Ce produit peut être consommé après cette date », « Pour une dégustation optimale… ». Ministère de l’Économie+1

  • Une étude de Too Good To Go publiée en mars 2025 indique que 52 % des Français ont déjà jeté des aliments par confusion entre DLC et DDM. Too Good To Go

  • Le site des Ministères (environnement) rappelle que jusqu’à 10 % du gaspillage alimentaire sont attribuables à cette incompréhension des dates. Ministères Écologie & Aménagement

Pourquoi ces évolutions ?

Le contexte est clair : inflation des matières premières, pression sociétale et réglementaire pour la réduction du gaspillage alimentaire (objectif : ‑50 % d’ici 2030 pour certains secteurs). Les acteurs veulent donc mieux informer le consommateur et optimiser la durée de vie des produits. ESS France

3. Impacts pour l’industrie agroalimentaire et la distribution

En tant qu’industriel ou distributeur, les implications sont multiples :

  • R&D & validation des durées de vie : Pour fixer une DLC ou DDM, l’industriel doit effectuer des essais (vieillissement, microbiologie, stockage). La nouvelle pratique impose aussi une vérification périodique de la durée de vie.

  • Qualité et sécurité : Une DLC dépassée = risque sanitaire, retrait obligatoire. Une DDM dépassée = principalement une perte de qualité, mais pas forcément un danger. Alptis

  • Logistique & gestion des stocks : Produits à DLC courte exigent rotation rapide, suivi rigoureux. Pour les produits à DDM, on peut envisager des stratégies de déstockage ou d’actions RSE (don, réduction) plutôt que destruction.

  • Communication consommateur : Expliquer la différence (DLC vs DDM) peut améliorer la relation client, limiter les retours, améliorer l’engagement RSE.

  • Gaspillage & économie circulaire : En France, le gaspillage alimentaire représente des milliards d’euros et des millions de tonnes – la bonne gestion de « DLC ou DDM » participe à la réduction. France Nature Environnement+1

  • Sanctions : La vente d’un produit après la DLC est interdite, y compris pour le distributeur. Service Public

4. Cas pratiques & bonnes pratiques à adopter

Exemple 1 – Produit à DLC

Un yaourt frais porte la mention « À consommer jusqu’au 05/11/2025 ». Ce produit a été maintenu à +4°C. Le 6 novembre, il devient impropre à la vente : vous devez retirer de la vente et potentiellement rappeler le lot si déjà vendu.

Exemple 2 – Produit à DDM

Une conserve de lentilles affiche « À consommer de préférence avant fin 2027 ». Au‑delà, elle peut être vendue si l’emballage est intact : aucun risque santé mais les lentilles peuvent être plus molles ou le goût altéré. Vous pouvez envisager une mention « Ce produit peut être consommé après cette date » pour éviter un gaspillage prématuré.

Bonnes pratiques à adopter

  • Mettre à jour vos procédures internes : fixation de date, documentation, méthode de vieillissement, contrôle.

  • Dans vos cahiers des charges fournisseurs, inclure des critères de durée de vie et de stockage.

  • Former vos collaborateurs (qualité, magasin, logistique) à la distinction DLC/DDM.

  • Optimiser vos outils de gestion des stocks (ERP, gestion des rayons) pour suivre les dates.

  • Mettre en œuvre une politique de valorisation des produits proches de la DDM : remises, dons, circuits alternatifs.

  • Communiquer clairement auprès des consommateurs : utilisez les mentions facultatives conformes au décret 2022‑1440.

5. Enjeux stratégiques & perspectives

  • Réduction du gaspillage : Comme vu, une part non négligeable du gaspillage domestique et commercial est liée à la mauvaise compréhension des dates. Récemment, 1 Français sur 2 reconnaît avoir jeté à tort un aliment à cause de la confusion DLC/DDM. Too Good To Go+1

  • Image de marque & RSE : Les marques qui adoptent une approche transparente sur l’étiquetage gagnent la confiance du consommateur, particulièrement la génération « zéro‑gâchis ».

  • Internationalisation : Si vous exportez, attention : la législation date‐marquage peut varier selon pays (UE vs hors UE).

  • Innovation : Certains brevets/technologies de packaging ou étiquetage intelligent (dynamic shelf‑life) émergent, permettant de moduler la durée de vie selon conditions de stockage réelles.

  • Veille réglementaire : À surveiller : adaptations des mentions, prise en compte du changement climatique sur la durée de vie, pression accrue sur le gaspillage.

6. Liens utiles & ressources internes

Liens externes recommandés

  • Site officiel DGCCRF : «Date limite de consommation (DLC), date de durabilité minimale (DDM)… » (12/2023) Ministère de l’Économie

  • Fiche pratique Ministère de l’Économie : «Date limite de consommation (DLC), date de durabilité minimale (DDM) : que savoir ? » Ministère de l’Économie

  • Étude consommateur Too Good To Go (2025) sur la méconnaissance des dates de péremption. Too Good To Go

Liens internes :

 

Pour résumer :

  • La différence « DLC ou DDM » n’est pas seulement sémantique : sécurité vs durée / qualité.

  • Les réglementations ont évolué (notamment 2022‑1440) pour mieux encadrer l’information consommateur et réduire le gaspillage.

  • Pour l’industrie agroalimentaire et la distribution, cela implique des protocoles, de la gestion, de la communication.

  • Un bon étiquetage + une bonne gestion = moins de gaspillage, plus de confiance consommateur, meilleure performance.

  • Le sujet est stratégique : que vous soyez fabricant, distributeur ou acteur logistique, la maîtrise de la DLC et la DDM est un levier concret dans vos opérations.

 

Vous pouvez aussi voir notre vidéo à ce sujet

https://www.youtube.com/watch?v=u7hawngiO1Q

 

Vos questions sur la DLC ou la DDM

Quelle est la différence entre la DLC (« À consommer jusqu’au ») et la DDM (« À consommer de préférence avant »)?

La DLC concerne les denrées très périssables présentant un risque pour la santé après la date indiquée. La DDM concerne les produits dont les qualités gustatives ou nutritionnelles peuvent se dégrader, mais sans danger immédiat.

Un produit dont la DDM est dépassée peut‑il toujours être consommé ou vendu ?

Oui, s’il n’a pas été altéré et que l’emballage est intact. La vente reste possible, contrairement à la DLC qui est impérative.

Que se passe‑t‑il si la DLC d’un produit est dépassée ?

Le produit devient impropre à la consommation. Sa vente est interdite, et le professionnel peut être sanctionné.

Quels sont les critères pour fixer une DLC ou une DDM ?

Ils dépendent des caractéristiques microbiologiques, physico-chimiques, du procédé de fabrication, des ingrédients, du conditionnement et des conditions de conservation.

Est‑ce que tous les aliments doivent porter une DLC ou une DDM ?

Non. Certains produits comme les fruits et légumes frais, les boissons alcoolisées, le sucre ou le sel peuvent en être exemptés.

Quelles mentions sont autorisées pour clarifier la DDM au consommateur ?

Des formules comme « Ce produit peut être consommé après cette date » ou « Pour une dégustation optimale » sont autorisées depuis 2022 pour réduire le gaspillage.

Comment savoir si un produit est encore bon après sa DDM ?

Il faut vérifier son aspect, son odeur, sa texture, et s’assurer que l’emballage est intact. En cas de doute, mieux vaut ne pas consommer.

Qui est responsable de l’exactitude de la date affichée ?

Le fabricant ou le conditionneur, qui doit documenter la durée de vie par des essais et validations microbiologiques selon les normes en vigueur.

Une rupture de la chaîne du froid modifie‑t‑elle la validité de la DLC ?

Oui. Un produit réfrigéré mal conservé peut devenir dangereux avant la date indiquée. Le respect strict de la chaîne du froid est donc essentiel.

Quels sont les risques de consommer un produit après sa DLC ou sa DDM ?

Après DLC : risque sanitaire (bactéries, intoxication). Après DDM : altération du goût ou de la texture, mais sans risque direct sauf exception (emballage gonflé, mauvaise odeur).

Votre auteure : Audrey REY

Consultante qualité et fondatrice de Couleurs Qualité, Audrey accompagne les entreprises de l’agroalimentaire dans leur conformité réglementaire, leur gestion qualité et leur montée en compétences.

Elle intervient régulièrement aux côtés d’Axel Groupe pour partager son expertise terrain sur les sujets complexes comme les allergènes, l’export ou la traçabilité.

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